mercredi 18 novembre 2009

Quand l'amour prend soin

La chanteuse Chloé Sainte-Marie auprès du cinéaste Gilles... (Photo: Bernard Brault, archives La Presse)

La chanteuse Chloé Sainte-Marie auprès du cinéaste Gilles Carle, souffrant de la maladie de Parkinson. Ce dernier dans un état de santé précaire est actuellement hospitalisé.

Photo: Bernard Brault, archives La Presse



La chanteuse Chloé Sainte-Marie a inauguré, hier, la Maison Gilles Carle, qui accueillera cinq personnes âgées en perte d'autonomie à Saint-Paul-d'Abbotsford en Montérégie. Cette annonce s'est effectuée au moment où l'état de santé de M. Carle est plus précaire que jamais.

M. Carle a été hospitalisé il y a trois semaines après avoir souffert d'une pneumonie d'aspiration et d'un infarctus. «Ça fait trois semaines qu'il n'a pas mangé ni bu», note Mme Sainte-Marie, qui ajoute que son mari ne fait pratiquement que cligner des paupières.

Mme Sainte-Marie raconte qu'elle a «joué à un jeu» avec son époux la semaine dernière: «Je lui ai dit que s'il clignait des yeux, ça voulait dire «oui». Je lui ai demandé: «M'aimes-tu?». Il a cligné des yeux. Plus tard dans la conversation, je lui ai redemandé: «M'aimes-tu?» Il n'a rien fait au début. Puis après quelques secondes, il m'a fait un clin d'oeil!»

Une équipe spécialisée en dysphagie a analysé l'état de M. Carle. «Ils ont dit que Gilles veut manger et vivre. Mais c'est tout son appareil de la bouche qui ne répond pas aux commandes», explique Mme Sainte-Marie.

Tant que M. Carle ne mangera pas, il ne pourra retourner chez lui. Mais malgré tout, Mme Sainte-Marie a inauguré, hier, la Maison Gilles Carle. «La Maison va créer un précédent», assure la chanteuse.

La grande maison canadienne de Mme Sainte-Marie, située au coeur de la nature à Saint-Paul-d'Abbotsford, a été transformée au cours de l'été pour accueillir des personnes en perte d'autonomie.

Les dons du public et d'entreprises privées ont permis d'achever les travaux. Quand les résidants feront leur entrée, leurs contributions permettront de financer l'organisme sans but lucratif.

Parce que Mme Sainte-Marie souhaite que la maison soit accessible aux personnes à moindre revenu, un déficit de 15 000 $ par année par résidant est à prévoir. «On aimerait que le gouvernement nous aide. Une personne qui habite en foyer public coûte entre 60 000 et 85 000 $ par année. Nous demandons 15 000 $ par année par patient... On pense que la Maison Gilles Carle aide le gouvernement. On aimerait que le gouvernement nous aide à l'aider», note Pierre Deslaurier, collaborateur de longue date de Mme Sainte-Marie et bénévole pour la Maison Gilles Carle.

Plusieurs célébrités étaient présentes, hier, pour souligner le travail de Mme Sainte-Marie, dont Donald Pilon, Paul Buissoneau et Louise Portal. La comédienne a d'ailleurs mentionné qu'elle souhaitait réserver sa place dès maintenant dans la Maison Gilles Carle.

En attendant, les cinq résidants qui auront la chance de «vivre dans un concubinage à cinq», comme se plaît à dire Mme Sainte-Marie, n'ont pas encore été choisis. Un comité de sélection nommera très bientôt les futurs occupants.


Ariane Lacoursière
La Presse

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