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samedi 8 janvier 2011

Simple..comme le passé, simple




Pour les amateurs de la belle langue que nous parlons.. Quelques plaisants exemples de l'emploi du passé simple.

1. Non! Ce n'était pas chose évidente que cette conversation toute en langue morte. Et pourtant je la tins.
2. Bien que vous ayez laissé passer votre chance de cesser d'être une prostituée, un jour, vous le pûtes.

3. Merlin n'était qu'un simple mortel jusqu'à ce qu'enchanteur il devint.

4. Deux vieux acteurs hollywoodiens discutent :
- Te rappelles-tu notre premier film ... ce western dans lequel nous jouions les indiens!
- Oh oui ! Et je sais que nous nous y plûmes.

5. Vous saviez que ce manteau était tout pelé ... alors pourquoi le mîtes-vous pour la réception d'hier soir?

6. C'est dans ce tonneau que notre vin vieux fût.

7. On nous offrit une augmentation et, bien sûr, nous la prîmes.

8. Les moines brassèrent la bière et la burent.

9. C'est bien parce que vous m'avez invité à goûter votre Beaujolais que je vins.

10. Que la crevette était un insecte, vous le crûtes assez.

11. Pour les prochaines vacances, l'idée d'aller en Arabie Saoudite, ils émirent.

12. Heureusement que vous avez retrouvé des capitaux! car mettre la clé sous la porte et déposer le bilan, vous faillites !

13. Comment ? D'enfiler correctement ce pantalon, incapable vous fûtes ?


C'est léger, un peu facilement tourné parfois mais cela est parfaitement divertissant.Évadant. Un petit baume.
J'ignore qui est l'auteur de cet exercice...
Un beau cadeau virtuel de Gisèle Lallement.


jeudi 6 mai 2010

En un regard contenu

«Tant que l'on n'a pas été contenu en un regard, a-t-on la vie ? A-t-on la vie si personne encore ne nous a aimé ?»

La route d'Altamont, Gabrielle Roy

lundi 29 mars 2010

La mélancolie créatrice

La «nécessaire» mélancolie

des écrivains ?


L'écrivain Émile Zola était maniacodépressif, selon la  psychologue... (Photo: archives La Presse)


La romancière Nelly Arcan s'est enlevé la vie après avoir été hantée longtemps par l'idée du suicide. Nelligan a terminé son existence dans un asile. Récemment, le chanteur Biz de Loco Locass a publié le récit de la dépression qui l'a frappé à la naissance de son premier enfant. Pourquoi tant de souffrances psychologiques chez les écrivains? Depuis quelques années, plusieurs auteurs témoignent de l'influence de la maladie mentale sur leur travail.

Peu après avoir terminé sa résidence en neurologie, Alice Flaherty a accouché de jumeaux prématurés qui sont morts peu après leur naissance. Terrassée, la neurologue bostonienne s'est mise à écrire sans pouvoir s'arrêter. Les idées et les métaphores se bousculaient dans sa tête.

«Dans les bons jours, les idées me réveillaient à 4 h du matin, tentacules de mots qui s'enroulaient autour de moi comme un parfum capiteux», écrit-elle dans son livre The Midnight Disease. «Dans les mauvais jours, les mots étaient comme une demeure charnelle où je cherchais les cadavres des gens que j'aimais.»

Après quelques mois de ce régime, un collègue a suggéré qu'elle faisait une dépression post-partum doublée d'une manie. Des médicaments contre la maniacodépression l'ont progressivement calmée et elle a cessé d'écrire. Puis, elle a diminué la dose et a trouvé un équilibre lui permettant d'avoir accès à sa muse intérieure sans sombrer dans la folie. Son essai sur son expérience, The Midnight Disease, l'a menée à entamer d'autres projets littéraires, dont un seul, une fable pour enfants sur le monstre du Loch Ness, a vu le jour.

La Dre Flaherty, qui enseigne à Harvard, n'est pas la seule à témoigner de l'influence de la maladie mentale sur sa carrière d'écrivain. La plus célèbre est Kay Jamison, une psychologue de l'Université Cornell qui a publié depuis 15 ans une demi-douzaine de romans et de récits autobiographiques autour du thème de la folie et de sa propre maniacodépression. L'an dernier, un écrivain britannique, Brian Dillon, a publié The Hypochondriacs, une biographie de neuf grands écrivains ayant souffert d'hypocondrie, un trouble qui l'a longtemps affecté.

«L'hypocondrie a été au XIXe siècle en Angleterre un symbole d'hypersensibilité», explique M. Dillon en entrevue de Londres. «Emily Brontë y faisait souvent référence. D'un point de vue plus contemporain, l'hypocondrie est une exacerbation de la conscience de soi. Il y a un parallèle évident avec les écrivains, qui doivent écouter leur propre créativité intérieure, être centrés sur eux-mêmes pour faire avancer leur oeuvre.»

Plus fréquente

La maniacodépression est cinq à six fois plus fréquente chez les écrivains, indique la psychologue Jamison, qui a révélé sa maladie en 1995 dans son autobiographie An Unquiet Mind. «Il est bien établi que ce n'est pas le mode de vie de l'écrivain qui le pousse vers la maladie mentale», explique-t-elle en entrevue de New York. «Il y a aussi plus de maniacodépression dans la famille des écrivains. Cela dit, il est également vrai que quand on souffre de cette maladie, il est plus difficile d'avoir un métier traditionnel avec des horaires.»

Quand les premiers livres de Mme Jamison sont parus, des associations de victimes de la maniacodépression se sont élevées contre ce qu'elles considéraient une tentative de minimiser les affres de la maladie. «La maniacodépression est horriblement débilitante, confirme la Dre Flaherty. Seules les personnes qui ont des versions légères de la maladie peuvent bénéficier d'une plus grande créativité. Personnellement, je ne vivrais pas sans mes médicaments, je ne pourrais pas travailler dans mon laboratoire ni écrire.»

Brian Dillon est lui aussi plus productif depuis qu'il a pris le contrôle sur son hypocondrie. «La maladie m'a aidé dans ma réflexion sur le point de rencontre entre l'expérience physique et les idées artistiques, où le corps rencontre la culture. Je travaille présentement sur la nostalgie, qui était considérée comme une maladie organique jusqu'au XIXe siècle. Mais pour tirer profit de l'hypocondrie, il faut la gérer, la mettre en scène.»

La psychologue Jamison ajoute qu'une fois la souffrance mentale endiguée, l'écriture peut aider à la contrôler. «Beaucoup de grands écrivains, comme Graham Greene ou Lord Byron, ont dit que sans l'écriture, ils auraient beaucoup plus souffert. Aristote affirmait même que la mélancolie semblait une condition nécessaire pour devenir un grand philosophe.»

Des écrivains maniacodépressifs...

> Hans Christian Andersen

> Honoré de Balzac

> Francis Scott Fitzgerald

> Nicolaï Gogol

> Maxim Gorki

> Graham Greene

> Ernest Hemingway

> Herman Hesse

> Henrik Ibsen

> Henry James

> Mark Twain

> Joseph Conrad

> Charles Dickens

> Herman Melville

> Robert Louis Stevenson

> August Strindberg

> Léon Tolstoï

> Ivan Tourgueniev

> Tennessee Williams

> Mary Wollstonecraft

> Virginia Woolf

> Émile Zola

Source: Kay Jamison, Touched With Fire

... ou hypocondriaques

> Marcel Proust

> Charlotte Brontë

> Charles Darwin

> James Boswell

> Florence Nightingale

> Alice James (soeur d'Henry James)

Source: Brian Dillon, The Hypochondriacs


Mathieu Perreault
La Presse

jeudi 14 janvier 2010

Si Dieu existe, quel est son problème avec Haïti?

Séisme en Haïti :Dany Laferrière, sain, sauf mais éprouvé


Sentir le sol se dérober sous ses pieds, voir sa ville disparaître dans un nuage de poussière grise, dormir sur un terrain de tennis de peur que l'hôtel où l'on loge s'écroule et nous engloutisse, apprendre que des amis sont ensevelis sous les décombres et n'en sortiront pas vivants, partir à la recherche de sa mère et de sa soeur dans des rues défoncées, jonchées de débris et de cadavres, voilà à quoi a ressemblé la journée de Dany Laferrière hier au lendemain de la pire catastrophe naturelle et humanitaire à frapper Haïti.


Dany Laferrière au court de tennis de l'hôtel Karibe, où des matelas ont été sortis en catastrophe dans la première nuit qui a suivi le séisme.

Photo: Ivanoh Demers, La Presse

Laferrière

Dire que pour Dany Laferrière, ce séjour de deux semaines dans son Port-au-Prince natal s'annonçait comme une fête. Déjà, avant Noël, au début de décembre, Dany se faisait une joie de commencer l'année avec ce retour à Port-au-Prince: un retour non pas énigmatique comme le titre de son dernier roman, mais un retour joyeux, amical et festif où il revenait chez lui à titre de coprésident du festival littéraire Étonnants Voyageurs.

En attendant l'arrivée d'une cinquantaine d'écrivains venus d'Afrique, d'Europe, d'Asie, d'Amérique et même du Québec, Dany et l'écrivain et ami montréalais Rodney Saint-Éloi étaient allés préparer le terrain.

Ils avaient fait le tour des radios puis des cafés et des écoles où devait se dérouler le festival avec d'autant plus de fébrilité que c'était la deuxième fois que les Étonnants Voyageurs, créé à Saint-Malo en 1990, tenait une présentation spéciale chez eux à Port-au-Prince.

Depuis une semaine, en raison de problèmes récurrents avec les lignes téléphoniques, Dany communiquait tous les jours par courriel avec sa femme Maggie, restée à Montréal. Les nouvelles étaient bonnes, le ciel était bleu, l'hiver québécois loin, tout baignait. Dany se faisait une joie d'accueillir ses amis écrivains au théâtre Rex, à l'hôtel Karibe, à l'Institut français et dans les jardins verdoyants du ministère de la Culture et des Communications. Pas une fois pendant cette semaine de préparation, ne s'est-il douté de la terrible catastrophe qui devait s'abattre sur son pays et le dévaster.

Maintenant, dans les jardins verdoyants où Dany devait aujourd'hui même prononcer un discours et boire un verre à la santé de la littérature, tout n'est plus que silence, ruines et dévastation. Le festival a été annulé. Les fondations de l'hôtel Karibe où demeurait Dany menacent en tout temps de s'écrouler. Des matelas ont été sortis en catastrophe et lancés comme des balles sur les terrains de tennis dans la première nuit de noirceur et de terreur qui a suivi le séisme. Maggie croit que cette nuit-là, son mari a tenté à au moins cinq reprises de l'appeler. Le téléphone sonnait, Maggie décrochait et presque aussitôt la communication coupait. Ce n'est qu'hier en fin de matinée, après une nuit d'angoisse et d'insomnie, qu'elle a reçu un courriel de Dany lui annonçant tout simplement et sans effusion ni détails que tout allait bien. Pour l'épargner, Dany n'a pas dit à sa femme qu'une partie de l'hôtel où il logeait s'était effondré. En revanche, il lui a fait part de son inquiétude au sujet de sa mère et de sa soeur dont il était sans nouvelles depuis le séisme.

Et puis hier matin, après avoir survécu à cette terrible première nuit et à avoir fait le deuil des cafés littéraires, des échanges et des discussions sur la littérature qu'il aurait dû être en train d'avoir, Dany est parti à Delma à la recherche de sa soeur et de sa mère.

L'écrivain Alain Mabanckou, un copain de Dany qui enseigne la littérature en Californie, devait être de la fête. Il est resté bloqué à l'aéroport de Miami et en a profité pour inaugurer un nouveau blogue où il a écrit: «Au fond, c'est à présent que le sublime roman de Dany, L'énigme du retour, prend un sens prophétique. Je le relis et les mots ne sont plus les mêmes. Quelque chose se tramait dans ce livre. Nous ne l'avions pas vu. Nous ne l'avions pas décrypté. Et la nature vient de nous le rappeler...»

Je ne sais pas si Dany serait d'accord avec cette interprétation. Son pays dévasté a connu tellement d'épreuves qu'il ne pouvait pas imaginer ni même pressentir qu'après les quatre ouragans de l'année dernière, il pouvait y avoir pire. Mais Dany serait sans doute d'accord avec ces deux questions que se posent bien des gens. Si Dieu existe, quel est son problème avec Haïti? Et si Dieu éprouve ceux qu'il aime, pourquoi aime-t-il tant Haïti?



Nathalie Petrowski
La Presse

lundi 30 novembre 2009

Était-ce vraiment nécessaire ?


COLOCS EN STOCK : Le Québec de Tintin


Grand fan de Tintin, le sociologue Yves Laberge, de Québec, publie en ce moment une adaptation québécoise de l’aventure de Hergé, Coke en stock, qui devient pour la circonstance Colocs en stock, chez Casterman.

«J’ai grandi avec Tintin, comme tous les Québécois de ma génération. Tintin m’a habité pendant des années», dit M. Laberge, en entrevue.

Le titre Colocs en stock a d’ailleurs été choisi afin de bien signifier la spécificité québécoise dans l’intitulé même de l’album. Le scénario et les planches du livre sont les mêmes que l’original.

«J’ai eu l’idée de cette transposition québécoise il y a deux ans. Je voulais donner ma vision québécoise de Tintin», souligne M. Laberge. Pour ce faire, Yves Laberge a dû négocier l’aventure avec la maison d’édition Casterman et la Fondation Hergé.

«Hergé était très strict dans ses dernières volontés. Il ne voulait pas que quelqu’un parachève le dernier album qu’il n’a pas eu le temps de terminer avant sa mort», précise M. Laberge, qui n’a pas eu de difficulté à convaincre les parties en présence.

«Ils ont vu tout de suite que je respecterais les personnages de Hergé; que je comprenais leur psychologie», dit M. Laberge.

Ainsi, contrairement à ce qu’on pourrait penser, le capitaine Haddock ne prononce pas de sacres en québécois.

«Lorsqu’il insulte des gens, le capitaine Haddock ne dit jamais de jurons dans les versions de Hergé. Je tenais à respecter ce langage. Les textes que j’ai écrits ne sont pas en joual, mais plutôt en langage populaire», explique M. Laberge.

MOTS FAMILIERS

Parmi les expressions que vous retrouverez dans Colocs en stock, mentionnons «mitaines pas de pouce», «quin», «champlure», «chus pas capable», «j’ai entendu du train», «reste pas évaché»... Le lecteur reconnaîtra des mots exclusifs et familiers au Québec.

«Le plus difficile a été de trouver un équilibre entre les différents niveaux de langage, le choix des mots; ne pas trop en mettre», note l’auteur.

De plus, l’album de M. Laberge contient de nombreuses références et clins d’oeil à la culture québécoise. Ainsi, on parle du Pirate Maboule, de «42 miles de choses tranquilles» qui fait allusion ici à la chanson Le tour de l’île de Félix Leclerc. «J’ai voulu inclure des références à notre culture», conclut l’auteur.

Ce dernier ne sait pas s’il y aura une suite à Colocs en stock. Tout dépendra du succès du premier.


Serge Drouin


Jer ne sais pas si je le lirai, peut-être ju7ste par curiosité et non par intérêt..

René-Homier Roy, lors de lÉmission Six dans la cité te l'a descendu. Ayaoye !

mercredi 25 novembre 2009

Les disparus : Un musée de la voix




Daniel Mendelsohn est l'auteur d'une enquête magistrale sur six membres de sa famille massacrés en Pologne par les nazis pendant la Deuxième Guerre mondiale. Entretien avec un réputé universitaire et critique littéraire américain obsédé par l'histoire des siens.


Accueilli dès sa parution par des critiques dithyrambiques, qui l'ont qualifié de chef-d'oeuvre, Les Disparus est un récit biographique bouleversant. Son auteur, l'écrivain new-yorkais Daniel Mendelsohn, a sillonné inlassablement les cinq continents, pendant cinq ans, pour dessiner un visage à six membres de sa famille anéantis par les ténèbres de mort qui se sont abattus au début des années 1940 sur les juifs de l'Europe de l'Est. Ce récit haletant, inspiré des épopées d'Homère et écrit dans une langue envoûtante évoquant celle de Proust, est une quête identitaire puissante et une magnifique ode à la farouche et vaillante résistance du commun des mortels face à la barbarie humaine. Une salutaire leçon d'Histoire et de vie. Exceptionnel.

Selon Élias Levy


Citations de l'auteur sur son ouvrage :


"Je tenais à préserver intactes les voix des témoins que j'ai interrogés. Ce livre est un musée de voix."


"Plus rien ne m'étonne ni me choque. Il ne faut surtout pas discuter avec les assassins de la mémoire juive. Tous ceux qui nient la véracité de l'Holocauste agissent aussi vilement non pas parce qu'ils veulent connaître une vérité historique, mais tout simplement parce qu'ils haïssent les juifs. Leur judéophobie débridée et leur irrationalité priment sur leurs pseudo-arguments ineptes. La seule manière de répondre à leurs assertions fallacieuses, c'est de continuer à recueillir les témoignages des derniers survivants de l'Holocauste. C'est une urgence impérative, car les voix des derniers témoins oculaires de la Shoah s'éteindront bientôt à tout jamais."

Je n'avais jamais entendu parler de cette oeuvre avant aujourd'hui. Je crois que je vais m'y mettre bientôt.

Vivement que je vous en reparle.

jeudi 19 novembre 2009

Le millepatte sur un nénufar

http://www.uclouvain.be/cps/ucl/doc/cental/documents/presse_20090321_SoirMagazine.jpg

la nouvelle orthographe

Je suis enragé noir. Je viens juste de lire des articles en ligne sur la nouvelle Orthographe. Je la croyais juste soi-disante, en développement. Mais son essor est plus grand que je ne le croyais. Je vous partage ces informations. Je me remts des mes émotions. Je décante tout cela, et je vous en reparle.


ertaines rectifications ont été apportées à l’orthographe française. Les appliquez-vous lorsque vous rédigez des documents scolaires ou lorsque vous écrivez un simple courriel ? Les nouvelles graphies sont en vigueur et cohabitent maintenant avec les anciennes. L’Office québécois de la langue française (OQLF) a confirmé, dans un communiqué publié le 3 mai 2004, qu’il « estime qu’en cette période de transition, ni les graphies traditionnelles ni les nouvelles graphies proposées ne doivent être considérées comme fautives[2] ». Il n’y a donc pas d’erreur à utiliser l’une ou l’autre des formes, mais la version moderne, plus cohérente avec le système orthographique – c’est le but des rectifications –, tend à être privilégiée. On peut lire également dans le communiqué de l’OQLF que, « dans ses travaux et publications, l’Office donnera désormais la priorité aux nouvelles graphies dans la mesure où elles sont attestées dans les dictionnaires usuels ». Les logiciels, dictionnaires, grammaires se mettent d’ailleurs de plus en plus à jour en la matière.

Outils électroniques

En 2003, les logiciels de correction Antidote Prisme (produit au Québec par Druide informatique inc.) et ProLexis (Europe) ont intégré toutes les nouvelles graphies dans leurs dictionnaires. La correction d’un texte se fait dorénavant selon les choix suivants : corriger en nouvelle orthographe, corriger en orthographe traditionnelle, ou accepter les deux orthographes.

Le géant Microsoft a annoncé cet été qu’il intègrerait lui aussi la nouvelle orthographe dans ses produits. Concrètement, des correctifs seront proposés gratuitement en ligne, ou alors les rectifications seront intégrées à l’occasion de nouvelles éditions, selon les produits (Office, Word, Outlook, Encarta, Works, etc.).

Le communiqué de l’OQLF mentionne pour sa part que « dans Le grand dictionnaire terminologique (GDT), l’Office applique déjà les graphies nouvelles dans le cas des néologismes et des emprunts ».

Dans l’enseignement

La nouvelle orthographe est enseignée depuis plusieurs années dans les cours de grammaire du français écrit du Département de linguistique et de didactique des langues de l’UQAM. Dans les cours de grammaire destinés aux étudiants en éducation, les documents distribués en classe sont rédigés en nouvelle orthographe, l’équipe d’enseignants ayant pris la décision d’être de son temps et d’utiliser une écriture moderne plutôt que traditionaliste.

À l’Université de Montréal, les enseignants des cours de français écrit s’adressant aux futurs maitres ont pour consigne d’enseigner la nouvelle orthographe chaque fois qu’un thème abordé dans un cours est touché par les rectifications orthographiques.

Les tests du SEL (Service d’évaluation linguistique) que doivent passer bon nombre de futurs enseignants au Québec ont été modifiés en 2003 pour prendre en considération la nouvelle orthographe.

Pour sa part, le ministère de l’Éducation (MEQ) tient compte des rectifications orthographiques dans la correction des examens de fin d’année :

  • en 5e secondaire, dans le cas de l’épreuve unique d’écriture, les élèves ayant droit à des dictionnaires et grammaires faisant état des rectifications de l’orthographe ;
  • au collégial, dans le cas de l’Épreuve uniforme de français

Deux-mille mots rectifiés

Les rectifications touchent un peu plus de deux-mille mots. Vous trouverez cette liste complète et l’explication des nouvelles règles dans la brochure de 40 pages intitulée Vadémécum de l’orthographe recommandée (surtitre Le millepatte sur un nénufar), distribuée par le Groupe québécois pour la modernisation de la norme du français (GQMNF)


Résumé des principales règles
Source : Romain Muller, site officiel www.orthographe-recommandee.info/orth.htm

Les numéraux composés sont systématiquement reliés par des traits d’union.
Ex. : vingt-et-un, deux-cents, trois-millième (3000e)

Dans les noms composés du type pèse-lettre (verbe + nom) ou sans-abri (préposition + nom), le second élément prend la marque du pluriel lorsque le mot est au pluriel.
Ex. : un compte-goutte, des compte-gouttes ; un après-midi, des après-midis

On emploie l’accent grave (plutôt que l’accent aigu) dans un certain nombre de mots (pour régulariser leur orthographe) et au futur et au conditionnel des verbes qui se conjuguent sur le modèle de céder.
Ex. : évènement, crèmerie, je cèderai, ils suggèreraient

L’accent circonflexe disparait sur i et u. On le maintient néanmoins dans les terminaisons verbales du passé simple, du subjonctif, et dans quelques cas d’ambigüité.
Ex. : cout ; entrainer, nous entrainons ; paraitre, il parait

Les verbes en -eler ou -eter se conjuguent comme peler ou acheter. Les dérivés en -ment suivent les verbes correspondants. Font exception à cette règle appeler, jeter et leurs composés (y compris interpeler).
Ex. : j’amoncèle, amoncèlement, tu époussèteras

Les mots empruntés forment leur pluriel de la même manière que les mots français et sont accentués conformément aux règles qui s’appliquent aux mots français.
Ex. : des matchs, des miss, révolver

La soudure s’impose dans un certain nombre de mots, en particulier dans les mots composés de contr(e)- et entr(e)-, dans les onomatopées et dans les mots d’origine étrangère, et dans les mots composés avec des éléments « savants ».
Ex. : contrappel, entretemps, tictac, weekend, agroalimentaire, portemonnaie

Les mots anciennement en -olle et les verbes anciennement en -otter s’écrivent avec une consonne simple. Les dérivés du verbe ont aussi une consonne simple. Font exception à cette règle colle, folle, molle et les mots de la même famille qu’un nom en -otte (comme botter, de botte).
Ex. : corole ; frisoter, frisotis

Le tréma est déplacé sur la lettre u prononcée dans les suites -güe- et -güi- et est ajouté dans quelques mots.
Ex. : aigüe, ambigüe ; ambigüité ; argüer

Certaines anomalies sont supprimées et quelques familles sont réaccordées.
Ex. : assoir, bonhommie (comme bonhomme), imbécilité (comme imbécile), persiffler (comme siffler)

Des exemples

Les rectifications harmonisent le système orthographique français, et elles ont aussi l’avantage de favoriser une cohérence plus grande d’un dictionnaire à un autre : c’était parfois le désordre, particulièrement pour les mots composés.

On trouvait un cure-dent mais un cure-ongles. En nouvelle orthographe, on a un cure-dent, un cure-ongle ; des cure-dents, des cure-ongles. La formation du singulier et du pluriel est donc régularisée. Pour les mots empruntés, l’alternance singulier/pluriel est francisée : un ravioli, des raviolis.

En orthographe traditionnelle, on écrivait de la même façon 1000/125, 1100/25 et 1125es : mille cent vingt-cinquièmes. En orthographe nouvelle, l’ancienne règle étrange du trait d’union est remplacée par une règle systématique : chaque nombre est une unité lexicale cimentée par des traits d’union, ce qui permet de distinguer mille cent-vingt-cinquièmes (1000/125), mille-cent vingt-cinquièmes (1100/25) et mille-cent-vingt-cinquièmes (1125es).

La paire incohérente souffler, boursoufler fait place à la paire harmonisée souffler, boursouffler. L’ensemble disparate règlement, réglementation, règle, réglera forme dorénavant une série cohérente : règlement, règlementation, règle, règlera. On avait une contremarche, mais du contre-plaqué. On a maintenant du contreplaqué.

On écrivait cime et abîme, chapitre et épître, éperdument et assidûment. Si on fait abstraction de quelques cas d’homographie, force est de constater que les accents circonflexes sur i et u sont devenus désuets et inutiles : ils n’ont plus leur raison d’être de nos jours.

Avantages pédagogiques

Les rectifications orthographiques étendent la portée de plusieurs règles générales connues. Par conséquent, le nombre d’exceptions qui nuisaient à l’apprentissage de la règle par l’élève est réduit, et les heures qui devaient être consacrées à leur enseignement peuvent maintenant être utilisées à d’autres fins plus constructives.

C’est le cas notamment de la régularisation du pluriel des noms composés, dont il fallait jadis mémoriser les incohérences. C’est aussi le cas de la généralisation de la conjugaison avec accent grave pour les verbes en -eler et -eter. Autrefois, il fallait retenir la longue liste des verbes qui redoublent la consonne l ou t devant e muet, et la liste de ceux qui prennent un accent grave dans le même contexte. Comble de malheur, les tableaux de conjugaison se contredisaient parfois d’un ouvrage à un autre. Aujourd’hui, la liste des exceptions est réduite à deux seuls cas, les verbes fréquents appeler, jeter (et leur famille), dont les formes conjuguées étaient déjà bien établies et que les experts ont choisi de ne pas modifier. Pour tous les autres verbes, plus de doutes, plus de recherches : on les aligne sur le modèle de acheter et geler. Ainsi, cacheter, harceler ou ruisseler font je cachète, tu harcèles, il ruissèle. Cette règle générale, qui requiert la présence d’un accent grave devant une syllabe contenant un e muet, assure une cohérence dans la conjugaison des verbes en -eler et -eter, cohérence qu’on retrouve également dans d’autres modèles de verbes, comme céder ou lever, qui font aussi je cède, je lève. On la retrouve même dans des noms comme avènement, crème, et maintenant aussi dans évènement, crèmerie.

CHANTAL CONTANT

professeure en grammaire du français à l’UQAM

samedi 7 novembre 2009

Du confort glacé de l'hiver québécois à la chaleur tragique d'Haïti.




C'est un jury Médicis endeuillé qui a remis, mercredi 4 novembre, ses trois distinctions : romans français, étranger et essai. En 2009, la mort a frappé à deux reprises les jurés avec la mort, en janvier, de Marcel Schneider et, le 9 octobre, de Jacques Chessex. La nomination en juin de Frédéric Mitterrand comme ministre de la culture a aussi privé le prix de l'un de ses membres. L'écrivain et juré Denis Roche étant excusé, ils n'ont été que six à se prononcer. Des épreuves qui n'ont pas empêché de présenter un palmarès plus qu'honorable.

Dany Laferrière, écrivain canadien d'origine haïtienne, a reçu le prix Médicis du roman pour L'Enigme du retour (Grasset). Il a été désigné au premier tour par quatre voix (celles de Christine de Rivoyre, d'Anne Wiazemsky, de Dominique Fernandez et de Patrick Grainville) contre la voix de Michel Braudeau, qui a soutenu Alain Blottière pour Le Tombeau de Tommy(Gallimard), et celle de Pierre Leroy, donnée à Mauvaise fille, de Justine Lévy (Stock).
Le prix Médicis étranger est revenu, à l'unanimité, à l'écrivain américain Dave Eggers pour Le Grand Quoi, et le Médicis essai à Alain Ferry pour Mémoire d'un fou d'Emma (Seuil fiction et compagnie), roman librement inspiré d'Emma Bovary, de Flaubert.


Ecrivain atypique et attachant, Dany Laferrière, né Windsor Kléber à Port-au-Prince en 1953, a quitté, à l'âge de 4 ans, son île natale et a été élevé par sa grand-mère au Québec, début d'un ballottage entre deux patries et deux cultures. L'Enigme du retour est un roman sur la famille, l'exil, l'identité et le temps qui passe. Dans ce livre écrit en alternance en vers libres - d'où une très grande musicalité et poésie -, l'écrivain retourne en Haïti à la suite de la mort de son père, exilé dans les années 1960 par le dictateur Papa Doc.


Auteur d'une vingtaine de livres - pas tous édités en France -, Laferrière est aussi poète, scénariste et cinéaste, après avoir fait ses classes dans le journalisme. Son premier roman, en 1985, s'intitulait Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer, et un de ses plus récents, Je suis un écrivain japonais, a provoqué un immense émoi au pays du Soleil-Levant.
Ce qui caractérise Dany Laferrière pour Charles Dantzig, son éditeur chez Grasset, c'est "sa grande élégance de forme". Déjà vendu à 15 000 exemplaires en France, le livre de Laferrière caracole sur les listes de best-sellers au Québec- 20 000 exemplaires pour une population de près de 8 millions d'habitants.
"Ce prix constitue un grand événement pour Haïti, qui va être en ébullition, et, pour le Québec, cela va provoquer une onde de choc dans la francophonie", précise Pascal Assathiany, PDG de la maison canadienne Le Boréal et coéditeur de L'Enigme du retour.


Alain Beuve-Méry

mardi 27 octobre 2009

Tellement, ils s'aimaient




(...) Saviez, vous, que Gilles Latulippe a failli être le premier interprète de la belle chanson Montréal de Beau Dommage? !!!!

Que le groupe a fait une méga-tournée avec Julien Clerc en France?

Que le tout premier disque de la célèbre formation - avant qu'elle ne porte son tout aussi célèbre nom - était un album de la musique de l'émission pour enfants Les Chiboukis?

Tout cela et bien, bien d'autres choses, on les apprend dans Beau Dommage - Tellement on s'aimait, biographie du groupe rédigée par l'historien en musique Robert Thérien, en magasin (... ) aujourd'hui . Cela après l'intégrale en 5 CD et 2 DVD (L'album de famille, lancé en mars dernier) (...)


Thérien explique par exemple à quel point le contexte social et politique de l'époque allait jouer en faveur de l'émergence d'un tel groupe: à l'époque où l'embryon de Beau Dommage se forme, le CRTC impose des quotas de musique canadienne aux radios et les programmes d'emploi gouvernementaux permettent aux jeunes d'expérimenter toutes sortes de choses (en étant payés!). Le talent et la conjecture conjugués ont donné Beau Dommage.
La preuve en est donnée par le tout premier chapitre de la biographie, littéralement inventé par Robert Thérien: que serait-il arrivé si Rivard, Léger, Bertrand et les deux Desrosiers s'étaient découragés et n'avaient pas reçu, in extremis, un appel de la compagnie de disques Capitol, intéressée par une chanson... qui n'allait pourtant pas figurer sur le premier album de Beau Dommage? Eh bien, vous et moi n'aurions alors jamais fredonné «Tous les palmiers, tous les bananiers...»

Tellement on s’aimait, est une encyclopédie vivante de la musique pop québécoise. Il avait fait une recherche exhaustive (les lieux, les noms, les dates) avant même de rencontrer les principaux intéressés en entrevues.


Après plus de 30 ans, la poussière est retombée, mais les chansons de Beau Dommage tournent toujours aujourd’hui. «C’est qu’ils faisaient de la maudite bonne musique », conclut Robert Thérien.


Marie-Christine Blais la presse en bleu
Benoît Aubin Le Journal de Montréal en vert



Robert Thérien, Beau Dommage, Tellement on s’aimait, VLB Éditeur, 224 pages.


Que j'ai hâte de me plonger là-dedans.. J'aurais dû demander cela pour ma fête..Il y a Noël, dans quelques mois..pourr me reprendre...





dimanche 20 septembre 2009

La détresse et l'enchantement selon Marie-Thérèse


La comédienne Marie-Thérèse Fortin adore Gabrielle Roy. Assez pour avoir voulu, il y a une vingtaine d'années, créer un spectacle autour de son chef-d'oeuvre, La détresse et l'enchantement. C'est le Festival international de la littérature (FIL) qui lui donne l'occasion, en ce 100e anniversaire de naissance de l'écrivain, de faire revivre non seulement les mots de Gabrielle Roy, mais aussi un vieux rêve.
En effet, il fallait beaucoup aimer l'oeuvre de Gabrielle Roy pour demander une bourse et adapter, pour la scène, et toute seule, La détresse et l'enchantement. Ramener 500 pages de mémoires à une trentaine, sans dénaturer le propos et le style. Ce que Marie-Thérèse Fortin a fait, au début des années 90, quand elle a présenté son premier «montage» au Carrefour international de théâtre. «Après ça, je suis entrée à la direction du théâtre du Trident, j'ai eu des enfants et le projet est resté dans mes malles.»

Sauf que quelques proches avaient entendu parler de ce travail, et c'est tout naturellement qu'on lui a demandé de participer au 15e Festival international de la littérature, qui souligne le 100e anniversaire de Gabrielle Roy. «Je ne pouvais pas dire non et je voulais bien sûr replonger là-dedans, mais pas toute seule!»
Marie-Thérèse Fortin a donc demandé l'aide de son ami et collègue, Olivier Kemeid, avec qui elle avait déjà travaillé sur Cocteau. Ensemble, ils ont monté cette lecture qui ne sera présentée qu'un soir (lundi), à la Cinquième salle de la Place des Arts. Pourquoi autant de travail pour un soir seulement? «Parce qu'on est fous, on ne vous l'avait pas dit?» lance la comédienne. Mais il n'est pas dit que, selon la réponse du public, cette lecture vive plus longtemps que prévu...
Le texte en vedette
Discussion à trois sur Gabrielle Roy. Kemeid, comme Fortin, l'ont découverte dans ces lectures scolaires obligatoires qui créent souvent l'inverse du coup de foudre. Mais disons qu'une petite graine est plantée. Des années plus tard, c'est l'éblouissement en lisant La détresse et l'enchantement pour Marie-Thérèse Fortin; Kemeid, lui, accroche à Bonheur d'occasion. «Ce n'est pas une lecture de jeunesse, croit-il. Il faut de la maturité pour entrer dans cette écriture.» «Quand j'ai relu mon premier découpage, je me rends compte que ce ne sont plus les mêmes choses qui me touchent aujourd'hui», constate Marie-Thérèse Fortin.
Ensemble, ils proposent LEUR Gabrielle Roy, comme ils le disent affectueusement. «La vedette, dans ce spectacle, c'est la littérature, c'est ce livre, La détresse et l'enchantement, un titre magnifique où l'on revient tout le temps», explique Olivier Kemeid, en soulignant que le choix des extraits a été fait par intuition - du texte, de la scène, intimement liés. «D'ailleurs, Gabrielle Roy voulait au départ être comédienne, et ça se sent dans son écriture», note Marie-Thérèse Fortin. «Beaucoup de moments sont des scènes de théâtre ou de cinéma», renchérit Kemeid.
Le but de ce spectacle, pas si évident que cela, est de ne pas décevoir ceux qui ont lu La détresse et l'enchantement, tout en donnant l'impression à ceux qui ne l'ont pas lu qu'ils en comprendront l'essentiel. Les deux artistes sont fascinés par l'affection profonde et durable qu'ont les lecteurs pour ce livre, ces mémoires de l'écrivain publiés à titre posthume. «Beaucoup de gens m'ont dit: c'est l'histoire de ma grand-mère, de ma mère, c'est mon histoire», raconte Kemeid. «Moi, ce qui me bouleverse, c'est comment elle a dépassé sa condition, confie Marie-Thérèse Fortin. Comment elle est allée au bout de son désir, avec les sacrifices que cela demandait. Ce n'est pas juste une oeuvre d'écriture, il y a une voix très intime et franche là-dedans. Ça touche à l'identité.»
Il y a certainement quelque chose de très intime qui a poussé la comédienne à incarner les mots de Gabrielle Roy sur scène. D'ailleurs, on lui dit souvent qu'elle a une ressemblance physique avec l'écrivain...
La détresse et l'enchantement, lecture de Marie-Thérèse Fortin, mise en scène d'Olivier Kemeid. Lundi, 19h30, à la Cinquième salle de la Place des Arts.

GABRIELLE ROY AU FIL
Pour le centenaire de naissance de Gabrielle Roy (1909-1983), plusieurs activités sont consacrées à l'écrivain pendant le Festival international de la littérature. D'abord, ces Midis littéraires où de grandes comédiennes liront des extraits des romans de l'écrivain: Rue Deschambault par Monique Spaziani, Ces enfants de ma vie par Françoise Faucher, Cet été qui chantait par Sylvie Drapeau, Le temps qui m'a manqué par Sophie Faucher et Bonheur d'occasion par Mireille Deyglun, celle-là même qui a incarné Florentine dans l'adaptation cinéma. (De lundi à vendredi, entre 12h10 et 12h50 aux Jeunesses musicales du Canad.a) Aussi, en marge du FIL, à la maison de la culture Marie-Uguay, une exposition sur La petite poule d'eau, une rencontre avec son biographe François Ricard (le 26 septembre) et une projection inédite du film Bonheur d'occasion en présence du réalisateur Claude Fournier et de la comédienne Mireille Deyglun (dimanche le 27 septembre, à 14h).
Chantal Guy
La Presse

jeudi 4 juin 2009

Une page de circonstance : il fait frette ce printemps, par chez-nous



Quand le printemps approcha, ramenant le froid, au temps des Saints de glace


Quand le printemps approcha, ramenant le froid, au temps des Saints de glace et des giboulées de la Semaine Sainte, comme Mme Swann trouvait qu’on gelait chez elle, il m’arrivait souvent de la voir recevant dans des fourrures, ses mains et ses épaules frileuses disparaissant sous le blanc et brillant tapis d’un immense manchon plat et d’un collet, tous deux d’hermine, qu’elle n’avait pas quittés en rentrant et qui avaient l’air des derniers carrés des neiges de l’hiver plus persistants que les autres et que la chaleur du feu ni le progrès de la saison n’avaient réussi à fondre.


Et la vérité totale de ces semaines glaciales mais déjà fleurissantes était suggérée pour moi dans ce salon, où bientôt je n’irais plus, par d’autres blancheurs plus enivrantes, celles par exemple, des «boules de neige» assemblant au sommet de leurs hautes tiges nues comme les arbustes linéaires des préraphaélites, leurs globes parcellés mais unis, blancs comme des anges annonciateurs et qu’entourait une odeur de citron. Car la châtelaine de Tansonville savait qu’avril, même glacé, n’est pas dépourvu de fleurs, que l’hiver, le printemps, l’été, ne sont pas séparés par des cloisons aussi hermétiques que tend à le croire le boulevardier qui jusqu’aux premières chaleurs s’imagine le monde comme renfermant seulement des maisons nues sous la pluie.

A LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU ( Marcel Proust )

vendredi 20 mars 2009

Comprendre ce que l'on dit 2

l


« Etre dans de beaux draps »



Être dans une très mauvaise situation.
Être dans une position désagréable ou dangereuse.

Cette expression est ce qu'on appelle une antiphrase, comme quand on dit "nous voilà beaux" ou "nous voilà propres " pour dire la même chose.
Il y a eu une petite évolution de cette expression et de son sens. Au XVIIIe siècle, elle se disait "être dans de beaux draps blancs" pour dire "être montré avec tous ses défauts" (ce qui n'est pas non plus une situation agréable, mais est moins fort que le sens actuel).

Depuis l'Antiquité jusqu'au Moyen Âge, les draps désignaient les vêtements.
Et si le blanc est bien pour nous un symbole de propreté, de pureté ou d'innocence, les habits blancs ont longtemps servi à vêtir les gens qui avaient commis certaines fautes.


Ainsi, celui qui avait commis le péché d'adultère devait, en pénitence, assister à la messe entièrement vêtu de blanc.


Et puis rappelez-vous Jésus qu'Hérode a renvoyé devant Ponce Pilate après l'avoir habillé de blanc.




Autrement dit, les gens qui devaient se vêtir de blanc étaient en général dans une situation peu enviable.


Cet ancien usage du vêtement blanc et l'idée du linceul, sorte de drap blanc dans lequel on ne se trouve que si on est dans une très très fâcheuse situation, le tout mêlé à un brin d'ironie, peuvent expliquer à la fois l'usage du beau et la gravité de la situation qu'indique maintenant l'expression.

Tiré di site EXPRESSIO : Les expressions françaises décortiquées

mercredi 11 mars 2009

« Un vent à décorner les boeufs »


Aujourd'hui il a venté toute la journée, et encore en ce moment, alors que je vous écris.
Et chaque fois qu'il vente fort, je ne peux m'enpêcher de penser à ce grand classique de l'expressionquébécoise : "Un vent à décorner les boeuds" ou plus couramment dit - même si c'est erroné- : "Un vent à écorner les boeufs". Voyons-voir ce qu'il se cache là-dessous.


Signification :
Un vent très violent.

Lorsqu'ils se déplacent librement-en stabulation dans une étable, les bovins sont susceptibles de se blesser mutuellement avec leurs cornes et d'être gênés pour accéder à leur nourriture. Pour leur éviter ça, il faut donc les écorner.

Mais cette opération, qui se pratique alors que les animaux sont en liberté dans les champs, provoque des saignements qui attirent les mouches et autres insectes en grandes quantités, ce qui n'est pas très recommandé pour les plaies.C'est pourquoi les paysans fûtés, profitant du fait que les mouches préfèrent faire une belote au chaud chez elles les jours de grand vent, pratiquent l'opération à ces moments-là, permettant ainsi à la plaie de sécher et cicatriser bien plus facilement.

Moi qui suis absolument contre toute violence- ou mutilation - fait aux animaux, je décide donc, à l'instant même ne plus jamais utiliser cette expression " Barbare " !
En espérant de tout coeur que ce type de pratique est révolue.

mardi 21 octobre 2008

D'autres expressions succulentes !

Il existe une multitude d'expressions dans notre oralité. Certaines sont fortement ancrées dans le quotidien de la parole. Nous les connaisson par coeur, sans toutefois, toujours exactement savoir, ce qu'elle signifient, ni d'où elle viennent. Amusons-nous à le découvrir.


Faire la grasse matinée


Dormir jusqu’à tard dans la matinée.Cette expression date du XXe siècle. Toutefois, au XVIe déjà on disait "dormir la grasse matinée". L’adjectif "gras" est issu du latin "crassus" qui signifie "épais". "Faire la grasse matinée" signifierait donc "rester longtemps dans l’épaisseur du sommeil". Mais cela évoque également la paresse, le côté "mœlleux" du sommeil, ainsi que le fait que l’inactivité de la grasse matinée puisse faire grossir.


Afficher la couleur

Signification : annoncer clairement ses intentions.
Origine : cette expression date de 1930. Elle provient du jeu de bridge dans lequel les joueurs annoncent une des quatre couleurs qu’ils souhaitent poser comme atout. On dit alors d’une personne qui exprime clairement ses intentions qu’elle "annonce la couleur", tel qu’un joueur de carte pourrait le faire.



A l'emporte-pièce

Signification : de façon cassante, en parlant de paroles.
Origine : au XVIIe siècle, un emporte-pièce désignait un instrument tranchant. Par le suite, ce mot a été utilisé pour qualifier une personne qui critiquait avec sévérité. Depuis "à l'emporte-pièce" s'utilise en parlant de paroles fortement critiques, voire dures.



Avoir la berlue

Signification : avoir des hallucinations.
Origine : le mot "berlue" est issu de "beluga", qui signifie "être ébloui". La "berlue" est également le nom attribué à un problème de vue où l'on voit des choses qui ne sont pas devant nos yeux, telles que des points noirs ou des mouches par exemple. C'est en référence à cette maladie que l'on dit d'une personne qu'elle a la berlue lorsqu'elle croit voir des choses qui n'existent pas.



Avoir la fringale

Signification : avoir faim subitement.
Origine : le nom "fringale" semble provenir d'une transformation du mot "faim-valle" (mauvaise faim), désignant auparavant une maladie des chevaux, qui leur donnait une sensation de faim et les forçait à s'arrêter. Ils ne pouvaient repartir qu'après avoir assouvi leur envie de manger. Jusqu'au XIXe siècle, la variante "faim calle" est utilisée dans le sens "d'avoir une faim de loup" C'est à la même époque qu'est apparue la fringale, que l'on définit aujourd'hui comme une sensation de faim irrésistible ressentie en dehors des repas.



Avoir une idée derrière la tête

Signification : voir une idée cachée.
Origine : dans cette expression le "derrière" de la tête représente ce qui n'est pas encore tout à fait clair ou pas encore exprimé. A l'inverse le "devant" serait le siège de la conscience et de la raison. "Avoir une idée derrière la tête signifie que l'on a une idée qui nous vient apparemment inconsciemment et que l'on n'a pas encore formulée clairement.


samedi 28 juin 2008

Ah! Si le capitaine Haddock avait été québécois !

Si jamais quelqu'un utilise un de ces mots pour vous qualifier, sachez que ce n'est pas un compliment et que vous devriez fuir comme la peste. Cette personne. de toute évidence, ne vous veut pas de bien. Du tout, du tout, du tout, du tout.


Niaiseux, niaiseuse, cave, épais, épaisse, tarla, innocent, sans-dessein, sans-génie, bozo, clown, colon, légume, mal-amanché, mal-engueulé, croûte, cacaille, zouave, tata, toton, totoche, têteux, têteuse, cruchon, cruche, guidoune, licheux, senteux, morveux, maniéreux, mouk-mouk, ti-coune, agrais, grand flanc mou, grand slaque, effronté, polisson, cochon, zouf, courailleux, pissou, taupin, face de boeuf, air bête, quétaine, guerlot, grébiche, v'limeux, seineux, pisseux, bretteux, colleux, ostineux, râleux, renifleux, écornifleux, chiâleux, tapon, baveux, barbeux, pouilleux, langue sale, mon écoeurant, ti-cul, gino, crotté, chien à culottes, pas-bon, poche, lètte, pioche, gratteux, poire, moron, vendu, pourri, tout-nu, mangeux d'marde, grosse torche, cornichon, braillard, r'chigneux, creton, fatiquant, achalant, gossant, gniochon, cucu, quétaine, casseux de party, petite vinyenne, poisseux, fendant, frappable, aguissable, patate, tête de cochon, tête de melon, tête de pioche, magané, marabout, mal-amanché, baquais, bavasseux, bavasseuse, beigne, pâte molle, péteux de broue, grosse plorine, poche-molle, tête-folle... Mettre "maudit" devant ces insultes en augmente l'effet.

Si vous en connaissez d'autres, ne vous gênez pas.



Tiré de http://www.republiquelibre.org/cousture/EXPRES.HTM

jeudi 12 juin 2008

Comprendre ce que l'on dit 1

Me voici de retour, encore une fois avec cette chère langue française.


Vous arrive-t-il, comme moi, de vous retrouver face à une expression langagière et de vous demander : comment diable en sont-ils arrivés à un tel emprunt ? Comme " donner sa langue au chat". Qu'est-ce que le chat vient faire là-dedans. J'ai fouillé un peu la question et je vous en fais le partage.


  • UNE AUTRE PAIRE DE MANCHES
    Au Moyen Age, les manches se détachaient facilement du reste de l'habit. Au cours de la journée, on changeait ses manches selon les activités que l'on pratiquait. Changer de manches, c'était donc changer d'activité.
  • AU PIED DU MUR
    Mettre quelqu'un au pied du mur, c'est l'obliger à prendre une décision. L'expression remonte à l'époque où l'on se battait à l'épée. Lorsque l'adversaire reculait, il pouvait arriver un moment qu'il se trouve au pied du mur. Ceci l'obligeait donc à se défendre ou à s'avouer vaincu.

  • BATTRE LA CHAMADE
    La chamade est un roulement de tambour ou une sonnerie de trompette qui dicte à l'ennemi que l'on se rend ou que l'on veut faire une trêve. "Le coeur qui bat la chamade" est donc un coeur qui capitule.
  • CE N'EST PAS LE PEROU
    Ce sont des déceptions éprouvées suite à de grands espoirs financiers. Le Pérou devint le symbole de l'enrichissement suite aux fortunes et objets précieux, or, argent, rapportés par les galions espagnols au XVIe siècle.
  • LE CHANT DU CYGNE
    Oeuvre finale d'un artiste ou d'un créateur, que l'on considère souvent comme son chef-d'oeuvre. À l'approche de la mort, le cygne qui a habituellement un cri pas très harmonieux, lance alors un chant mélodieux.
  • DANS LES BRAS DE MORPHEE
    Sommeil profond. Passer une bonne nuit de sommeil. Morphée, fils d'Hypnos personnification du Sommeil dans la mythologie grecque, est le songeur né de la Nuit, qui touche les mortels d'une fleur de pavot et qui les endort dans ses bras d'un sommeil plein de rêves.
  • ENVOYER AU DIABLE VAUVERT
    Se débarrasser. Envoyer quelqu'un le plus loin possible de soi, là où se trouve le diable. Le château de Vauvert, près de Paris, était parait-il, sous le règne du pieux Louis IX, la demeure du diable depuis que le grand-père du roi, Philippe Auguste, y avait séjourné après avoir été excommunié.

Bonne journée !


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